vendredi 26 décembre 2014

Par pitié, ne sabrez pas votre champagne !

Sabrer ou sabler le champagne
Si en vue du Nouvel An vous envisagez fiévreusement d'acheter un sabre, je préfère vous prévenir : ce n'est pas la peine. Le champagne, généralement, on ne le sabre pas, on le sable.
Non Monsieur, revenez ! Ne courez pas à la plage ! ce n'est qu'une image. Je vous explique : autrefois, on utilisait des moules de sable pour donner forme au métal en fusion (notamment pour les fûts de canon) ; par extension, sabler un verre de vin signifie, depuis le XVIIsiècle, l'avaler d'un trait, comme le moule de sable boit, avale le métal en fusion ; cela signifie également fêter un événement en l'arrosant copieusement… de champagne.
 

Le retour des « cosaques »

L'expression a vieilli et d'aucuns, parce qu'ils n'en comprenaient plus très bien le sens, ont remplacé le verbe sabler par sabrer.
L'ouvrage de l'Académie française, Dire, ne pas dire (édition Philippe Rey, p. 147), nous signale toutefois que l'expression « sabrer le champagne » a fait son apparition au XXsiècle dans quelques dictionnaires (mais elle n'est toujours pas dans le Robert, ni dans le Larousse). Elle signifie littéralement : « Ouvrir une bouteille de champagne en tranchant le goulot d'un coup de sabre. »
Pourquoi ne pas continuer pour notre part à sabler joyeusement notre champagne ? Laissons aux hussards, cosaques, et autres manieurs de sabre, le soin de trancher les goulots de ces précieuses bouteilles, quitte à en faire couler le liquide à flots (mais avouez : quel gâchis !). Vous rendez-vous compte des économies que cet article vous fera faire ! D'ailleurs, si pour me remercier vous voulez m'en envoyer quelques caisses…

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mardi 23 décembre 2014

Et une virgule changea le cours de l'Histoire

« Une pas-grand-chose », ricaneront certains, « un simple signe servant à aérer quelque peu nos écrits », affirmeront d'autres. La virgule est le Petit Poucet de notre littérature, la Cosette de la ponctuation française… une « apostrophe » souvent jetée plus bas que terre ! Parfois, faisant fi du mépris qu'elle inspire, elle sait pourtant fort bien nous rappeler son importance, parce qu'elle possède des pouvoirs méconnus, dont celui de modifier le cours de l'Histoire. Vous souriez ?
 
importance des virgules
Lisons ensemble cette phrase : « Napoléon n'est pas mort comme on l'a dit. » Nous en comprenons tous le sens : Napoléon n'est pas mort de la manière dont on l'a affirmé. On raconte qu'un journaliste dédaigneux voulut récemment « aérer » cette phrase, lui donner un peu de respiration, en utilisant une petite, une si petite virgule. Il écrivit donc :  « Napoléon n'est pas mort, comme on l'a dit. »
Oui, cette virgule venait de ressusciter l'empereur, et ce journaliste d'écrire… la plus grosse bêtise de sa vie.



(Un autre article concernant les virgules pourrait bien vous intéresser : Le « et » et la virgule : « Je t’aime, moi non plus » )

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vendredi 19 décembre 2014

De l'importance de la couleur des vaches

Lorsque les vaches nous expliquent la règle de l'accord des adjectifs de couleur !
adjectifs de couleur, blanc et noir ou blancs et noirs
Là, pas de problème : ces vaches sont blanches. L'accord des adjectifs de couleur nous réserve cependant quelques surprises.
C'est une question essentielle, presque existentielle, que je voudrais vous soumettre aujourd'hui. Apprêtez-vous à vivre un grand moment de la toute récente histoire des blogs, un instant de réflexion intense et régénérateur.
Vous êtes prêts ? Allons-y : « Quelle différence existe-t-il entre un troupeau de vaches blanches et noires et un troupeau de vaches blanc et noir ? » Il est certain que cette question est de nature à laisser totalement indifférents les ruminants placés au cœur de cette histoire. Et pourtant !
« Des vaches blanc et noir », « des vaches blanches et noires » ! Ces deux descriptions donneront à vos interlocuteurs deux perceptions bien différentes de ce troupeau. Les adjectifs de couleur, en effet, s'accordent généralement en genre et en nombre (une chemise bleue, des chemises bleues), mais ils deviennent invariables lorsqu'ils sont associés deux par deux, trois par trois… pour qualifier une seule et même chose (une chemise bleu et blanc).
 

Bleu, blanc, rouge

Un exemple concret. J'ai eu un temps une collègue de bureau (qui, ma foi, n'avait rien d'une vache) à la garde-robe bien fournie. Elle possédait, entre autres, plusieurs jupes bleu et gris (toutes avaient à la fois du bleu et du gris) et une quantité de robes bleues et grises (des robes entièrement bleues et des robes entièrement grises).
De la même manière, nous pourrions parler des drapeaux bleu, blanc, rouge (chacun de ces drapeaux arbore en même temps les trois couleurs). Et si je m'aventure à évoquer des drapeaux bleus, blancs, rouges, je me dois d'imaginer des drapeaux tout bleus à côté d'autres tout blancs et d'autres tout rouges.
Mon troupeau de vaches blanches et noires est donc composé de vaches blanches et de vaches noires ; le troupeau de vaches blanc et noir, de vaches à la robe bicolore.
Elle n’est pas belle et précise, la langue française ?
Vous me direz que je cherche un peu la grosse petite bête. Peut-être. Mais si j'avais vraiment voulu l'être, vache, je vous aurais bien plutôt demandé : « Quelle est la différence entre un troupeau de vaches beiges et marron et un troupeau de vaches beige et marron ? » Et là, « marron » étant toujours invariable, c'eût été certainement beaucoup plus compliqué. (Suite et fin : Un jeune homme aux cheveux filasse.)

Les participes passés sont votre bête noire ? Pensez Un monde sans fautes !

mardi 16 décembre 2014

Quelques nouvelles de nos petits tests sur les participes passés (sur votre droite). Marie-Thé a obtenu d'excellents résultats : 55 points sur 60 (20 + 19 + 16). Et vous ? Il est à noter que toutes les règles utilisées jusqu'au test 2 doivent être normalement connues des élèves de 3e. Normalement ! Quant aux règles du test 3, cela reste pour moi un mystère : en quelle classe l'Éducation nationale a-t-elle prévu de les enseigner ?
 

Ne jetez plus d'« e » aux lions ! (Les participes passés suivis d'un infinitif)

Un « e » peut changer le cours d'une existence. La preuve !

« Hélène M., grande exploratrice, était ce jour-là au pays des lions, dans la savane. J'étais présent et je m'en souviendrai toute ma vie. Je l'ai vu(e) manger »
 
La suite de cette histoire, vous l'avez compris, est intimement liée à la présence ou non de ce « e » à « vu ». Elle est surtout liée à la règle de l'accord du participe passé suivi d'un infinitif.
Pour bien comprendre, examinons ces deux exemples, repris par la majorité de nos bonnes vieilles grammaires :
- « La diva était présente, je l'ai entendue chanter hier. »
- « La sonate était magnifique, je l'ai entendu jouer hier. »
 
« Entendue » et « entendu » ! Pourquoi diable cela ? Pour simplifier, retenons simplement ceci : si le COD placé avant l'auxiliaire « avoir » fait l'action du verbe à l'infinitif, le participe passé s'accorde avec ce COD ; dans le cas contraire, non.


participes passés suivis d'un infinitif
« Une exploratrice ! Où ça ? »
Dans le premier exemple :
j'ai entendu qui ? La diva, repris par le « l' » (COD placé avant l'auxiliaire). Cette diva fait bien l'action du verbe à l'infinitif ; c'est elle qui chante. Donc on accorde.
En revanche, ce n'est pas la sonate qui joue (donc pas d'accord). D'accord ? Allez ! Relisez une fois s'il le faut, vous allez finir par comprendre.
 
Et notre petite histoire ? Avec un « e » à « vue », c'est « l'happy end » :
« Je l'ai vue manger une pomme au milieu des fauves. » (C'est bien l'exploratrice qui mange.)
Si le « e » est absent, désolé, cela devient plus tragique :
« Je l'ai vu mangerpar des lions. »

Vous avez tout compris ! Alors vous êtes presque prêt pour le test n° 2 sur les participes passés.

Toutes les règles des participes passés : la formation qu'il vous faut est ici !

jeudi 11 décembre 2014

Tel Hannibal marchant sur Rome

Aller sur Paris, aller à Paris
Hannibal marcha effectivement sur Rome, mais vous…
Oui, oui, oui ! Voilà certainement l'une des fautes de français les plus répandues. Même des gens bien la font ! Si, si. L'Académie française a récemment réagi en lui consacrant un paragraphe entier de son fameux Dire, ne pas dire, paru aux éditions Philippe Rey. Et vous-mêmes ? Êtes-vous de ceux qui disent volontiers : « Ah, le week-end dernier, j'étais sur Paris », ou alors, « J'avais un rendez-vous sur Brest » ? « Sur », en êtes-vous sûr ?
Personnellement, je monte de temps à autre sur un tabouret pour épousseter le dessus de mes meubles (ma femme a le vertige), ou sur un vélo (rarement) pour aller acheter une baguette au bourg Je ne me suis jamais rendu sur une ville.
Certes, en son temps, Hannibal marcha sur Rome, comme d'ailleurs un tribun fasciste quelques siècles plus tard, mais c'était bien dans un esprit de conquête. Un esprit, si je ne m'abuse, qui ne nous anime guère lorsque nous allons chaque semaine acheter fromage, lait, œufs, et autres produits de consommation, sur à Brest, à Paris, ou à Nogent-le-Rotrou.
 

Oui ! L'acteur américain Clark Gable peut nous aider à éviter une faute d'orthographe très fréquente. Comment ? Cliquez ici pour le savoir !


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mercredi 10 décembre 2014

Allez ! Pour inaugurer ce blog, je vous propose un petit jeu ! Il s'agit du Cent fautes. Vous le trouverez juste à côté, sur votre droite. Le corrigé (le Sans-faute) vous sera proposé… dans quelques jours. Bonne chance à vous !