jeudi 10 décembre 2015

Et une « bougie », une !

blog orthographe grammaire
 

Première ou seconde : soyez classe !

(Les abréviations des adjectifs numéraux ordinaux)


Voici encore un point de notre langue  très rarement étudié au collège et au lycée – inconnu du plus grand nombre. Alors : 1ère, 2ième, … Qui dit mieux ?
2ème ou 2e, 1ère ou 1re, abréviation des adjectifs numéraux ordinaux

Oui, cela vaut aussi pour « premier » et « deuxième » ! Restons classe… Utilisons les bonnes abréviations !

Vous ne savez plus comment s’orthographie une expression, comment s’abrège un mot, et vous vous dites : « Je vais aller voir comment on écrit ça sur Google. » Non, non, non, ne me dites pas que cela ne vous arrive jamais ! Avoir de bons ouvrages à portée de main vous serait plus utile, mais bon, cela marche… parfois.
Le risque, c’est de vous laisser piéger par une erreur qui s’est généralisée. Tenez ! l’abréviation des adjectifs numéraux ordinaux (désolé, je n’arrive toujours pas à me débarrasser de certains « gros mots ») : premier, second, troisième, les quarantièmes rugissants, etc. Sur le Net, vous êtes à peu près sûr de trouver plus de mauvaises solutions que de bonnes. Au hit-parade de l’abréviation de deuxième, par exemple, vous trouverez 2ème. Perdu ! C’est 2e

Bon, allez ! Mais c’est bien parce que c’est vous. Voici ce qu’il faut écrire (et je vous certifie que l’Académie française, le Larousse, le Robert, Bernard Pivot et Marcel Duchemin (?!?)… me donnent leur bénédiction sur ce point) :
premier s’abrège 1er et les premiers, 1ers ;
première s’écrit 1re et les premières, 1res ;
deuxième, troisième, vingtième s’écrivent 2e, 3e, 20e et les deuxièmes, les troisièmes, 2es, 3es ;
second, enfin, s’abrège 2dseconde, 2de, les seconds, 2ds, les secondes, 2des.
Voilà ! Vous savez tout !

Petit conseil : si vous ne l'avez pas déjà fait, lisez aussi Ah, mon bon monsieur !

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mardi 1 décembre 2015

Manger ou dormir, il faut choisir

« Assurer le gîte et le couvert. » Êtes-vous certain que cette expression est bien correcte ?
le gîte et le couvert pléonasme
« Ben ça alors ! Z'êtes sûr ? »
Voici quelques mois, nous vous avions parlé d’une expression qui avait été détournée de son sens originel : « opérer des coupes sombres » (Coupes sombres et forces obscures). Il en est de même pour celle-ci. Lorsque l’on vous dit que le gîte et le couvert vous seront assurés, vous imaginez aisément que l’on s’apprête à mettre à votre disposition un toit, une assiette, un couteau, une fourchette… Enfin, avouez, une assiette sans rien dedans ne vous serait guère utile !
Or ce qu’il faut savoir, c’est qu’à l’origine l’expression utilisée était « le vivre et le couvert ». Le vivre se rapportait à la nourriture ; le couvert, au toit dont vous pouviez disposer ! Eh oui, « gîte » et « couvert » ont le même sens. Assurer le « gîte et le couvert » est bien un pléonasme !

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jeudi 19 novembre 2015

Tous les bleus des cieux

Aaah ! cela faisait longtemps que nous n’avions pas parlé de constantes orthographiques ! Voici tout ce que vous vouliez savoir sur le pluriel des mots finissant par eu. 

Le pluriel des mots se terminant par eu
Et vous ne ferez plus de fautes aux mots
se terminant par eu !
Euh ! Avant de commencer, je ne résiste pas à l’envie de vous parler de la ville d’Eu, en Normandie. Un peu d’humour pour soigner un peu nos bleus, pour quitter un instant l’ambiance morose de ces tristes jours.
La commune d’Eu a eu longtemps cette particularité d’être un lieu de villégiature pour la famille d’Orléans. Le roi Louis-Philippe et ses descendants y possédèrent un château jusqu’à la fin du XIXe siècle. C’est pourquoi leurs opposants eurent tôt fait de les nommer, faisant allusion à la royale couleur dont ils prétendaient se revêtir… les blancs d’Eu. De mauvais goût ? Peut-être. Moins cependant que cette chanson (très célèbre à Eu) commandée par le roi Louis-Philippe lui-même afin de se moquer du maire de cette commune. Ladite chanson prêtait ces mots au premier magistrat de la ville : « J’ai brigué l’honneur d’être maire et le roi m’a nommé maire d’Eu. »
Soit dit en passant, vous remarquerez que tous les adjectifs se terminant par le son eu, y compris celui que votre esprit malintentionné a cru reconnaître dans les paroles de la chanson précitée, prennent un x au masculin singulier comme au masculin pluriel : un homme peureux, chanceux, malheureux, fabuleux, etc.).
Deux cas particuliers : l’adjectif de couleur bleu (eu au singulier, eus au pluriel ; un ciel bleu, des ciels bleus) et feu, dans le sens de décédé depuis peu (feu mes grands-parents, invariable en début de phrase ; mes feus grands-parents, ma feue grand-mère, variable et prenant un s au pluriel lorsque précédé d’un déterminant).
 

Du rapport entre les colins (poissons) et les pneus

Les noms communs se terminant par eu, quant à eux, prennent tous un x au pluriel (un pieu, des pieux ; un cheveu, des cheveux…). Tous ? Nooon, ce serait trop beau !

des émeux ou des émeux ?
Un émeu, des émeus.
Cinq exceptions. Le mot bleu, que l’on parle de la couleur, de la jeune recrue, de l’ecchymose, de la combinaison de travail… se termine par un s au pluriel. Et il en sera de même pour le pneu (des pneus), l’émeu (des émeus, oiseaux d’Australie) et le lieu (uniquement lorsque l’on parle du poisson ; les lieus noirs, quels que soient les lieux où vous les pêchez, sont aussi appelés colins).
Bravo ! Vous savez compter ! Il en manque un (mot). La dernière exception est enfeu (caveau funéraire, niche pratiquée dans une chapelle pour recevoir des tombes), qui vient du verbe enfouir et prend donc un s au pluriel.
Vous saviez tout cela ?
 


Par ici l’astuce !

Afin de mieux retenir une liste d’exceptions, rien de tel que d’inventer une petite histoire où toutes ces exceptions figurent. Un court récit vous permet en effet de créer un lien entre elles, de les visualiser.
Concernant les six noms et adjectifs se terminant par eu et prenant un s au pluriel, imaginons : « Six ancêtres du baron Michelin de Pneu, y compris ses feus parents, reposaient dans les enfeus de la cathédrale. Sur leur blason bleu figuraient des animaux bien étranges, trois poissons et trois oiseaux : trois lieus et trois émeus. »
Bien entendu, sauf géniale exception, les histoires que vous retiendrez le mieux seront celles que vous aurez vous-même composées. Alors faites preuve d’imagination !

Sur les constantes orthographiques, lire également : Tous les bateaux qui vont sur l'eau sauf les senaus.

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vendredi 13 novembre 2015

Rue du Trait-d'Union-qui-Rit

Une petite règle de typographie pour comprendre toute la différence entre Charles de Gaulle et Charles-de-Gaulle.
trait d'union, noms de rue
Un « Auguste » révolutionnaire a donné son nom à un boulevard parisien. C'est là que siège la rédaction du journal Le Monde. L'ours dudit journal le rappelle tous les jours : « 80, boulevard Auguste-Blanqui... » Avec un trait d'union !

 Écoutez cette petite histoire qui illustre parfaitement l'importance du sujet du jour (l'usage des traits d’union dans les dénominations composées, notamment les noms de rue).
On raconte que le recteur d'une modeste paroisse du diocèse de Quimper et de Léon fut un jour invité à prêcher lors d'une grand-messe en l'église Saint-Louis de Brest.
Le vieil abbé, humble et pieux, savait que son éloquence n'était pas la cause première de cette invitation : une épidémie de grippe, particulièrement sévère, frappait alors un grand nombre de ses confrères.
Un peu chamboulé, l'abbé écrivit deux lignes à son évêque aussitôt après son intervention. « Monseigneur, moi, indigne serviteur du Christ, j'ai eu la grande joie de parler ce matin à Saint Louis. » Le prélat lui répondit dans la foulée : « Cher Recteur, je connais votre humilité, et même, disons-le, votre sainteté, mais dois-je comprendre que vous êtes intervenu dimanche dernier en l'église Saint-Louis de Brest, ce dont je me réjouirais déjà pleinement avec vous, ou dois-je rendre grâce au Seigneur d'avoir dans mon diocèse un prêtre ayant eu l'insigne honneur de converser avec notre défunt roi de France ? »
Eh oui ! Un simple trait d'union peut changer bien des choses.
 

Ce que vous savez sans le savoir

Avenue du Maréchal-Foch, place du 11-Novembre, boulevard Henri-IV, rue Jean-Bodin, impasse du Pré-aux-Clercs… Les divers éléments composant un nom de rue sont liés par des traits d'union.
Et il en est de même ‒ ce que notre recteur a oublié sous le coup de l'émotion ‒ des noms d'édifices (église Saint-Louis), de villes (Saint-Nicolas-du-Pélem), de complexes culturels ou sportifs (centre Georges-Pompidou, Roland-Garros), d'associations (société Saint-Vincent-de-Paul)…
Le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale énonce cette règle de la manière suivante : « Dans une dénomination composée, tous les noms, à l'exception de l'article initial, sont liés par des traits d'union. »
Les adresses que vous écrivez sur vos enveloppes, quant à elles, n'en comportent pas, mais elles sont bien les seules, car elles sont soumises aux règles particulières du Code postal. Il est également à noter que tous les mots composant ces dénominations, excepté les articles et les pronoms, prennent une majuscule : rue du Chat-qui-Pêche, place des Cinq-Martyrs-du-Lycée-Buffon.
Il vous semble découvrir cette convention typographique ! Elle vous étonne. Pourtant vous la connaissez, c'est certain : depuis votre petite enfance, dans tous les journaux, dans tous les livres, vous l'avez constamment vue utilisée.
Il nous faut encore préciser que cette règle ne relève pas de l'arbitraire (la petite histoire introduisant cet article nous le démontre amplement). Elle facilite notre lecture, nous permet d'identifier d'emblée des lieux, de les différencier (surtout lorsque leur appellation est abrégée) des personnages dont ils portent les noms.
 

« Je n'aime que toi »

Vous voulez d'autres exemples ! « En 1969, j'ai vu Charles-de-Gaulle. [Les traits d'union, même inconsciemment, vous font tout de suite penser à un lieu.] À cette époque, l'aéroport ne s'appelait pas encore ainsi et était en pleine construction. »
En revanche, s'il est écrit : « En 1969, j'ai vu Charles de Gaulle », c'est bien du général lui-même qu'il est question.
Et que penser de ce jeune homme qui écrirait à sa petite amie (à propos de l'un de ses anciens lycées) : « Je dois te faire une confidence : de toute ma vie, je n'ai jamais aimé que Marie Curie. » Pour peu que la jeune fille ne connaisse ni Marie Curie, ni de lycée Marie-Curie…

Ah, au fait… De la Saint-Louis à la saint-glinglin : saint ou Saint ?


 Vous rêvez de rédiger de bons écrits professionnels, sans fautes ? Un monde sans fautes vous aidera à réaliser ce rêve.

mercredi 21 octobre 2015

Le « et » et la virgule : « Je t’aime, moi non plus »

Ils nous l’ont tellement répété lorsque nous étions petits : « Il ne faut pas mettre de virgule devant un "et" » ! Nos maîtres d’école avaient certainement raison de nous dire cela, tant les phrases des enfants restent simples et ne nécessitent pas de s’encombrer de subtilités réservées aux plus grands.
Il reste en revanche un peu moins normal que cette idée, un tantinet trop assénée, élevée parfois au rang de énième commandement, demeure encore en l'état une fois adulte. À tel point que certains refusent systématiquement de faire précéder un « et » d’une virgule, au risque… de commettre une faute. « T’as jamais appris ça à l’école : jamais de virgule devant un « et » ! » (Grrr !)
 

Attention au chien !

Bon ! Il est vrai que si j’écris « Jean, et Rémi vont à la pêche », je fais effectivement une faute de ponctuation. Nul ne le contestera. Pourtant, imaginons à présent que je veuille apporter une précision au sujet de Jean : dire, par exemple, que c’est bien du « grand Jean » que je parle (pour le différencier d’un autre). J’insère alors dans mon discours une information, un commentaire, que je pourrais fort bien placer entre parenthèses. Je note donc :
« Jean (le grand Jean) et Rémi vont à la pêche » ;
ou « Jean, le grand Jean, et Rémi vont à la pêche ».
Si par malheur j’ai gardé à l’esprit qu’il ne faut pas de virgule devant un « et », je griffonne :
« Jean, le grand Jean et Rémi vont à la pêche. »
Et mon lecteur sera alors en droit de penser qu’ils sont trois à être partis pêcher. De fait, cette absence de virgule devient une véritable faute, de même qu’il y en aurait une si je rédigeais sans fermer la parenthèse : « Jean (le grand Jean et Rémi vont à la pêche. »
Cela vous semble évident ! Dans un sens inverse, faisons tout de même attention ! Si Jean et Rémi partent avec leur labrador, gardons-nous bien d’écrire : « Jean, le gros toutou, et Rémi vont à la pêche. »

Ne ratez pas non plus à ce sujet : Et une virgule changea le cours de l'Histoire.

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mercredi 14 octobre 2015

Un revolver à barillet sous un ciel constellé d’étoiles

Laissez-moi vous conduire au paradis des pléonasmes ! Chut… Entrez !
marche à pied pléonasme, dune de sable pléonasme
Leur marche à pied les conduisit à monter en haut de la dune de sable. Trois pléonasmes en une phrase. Qui dit mieux ?
Bienvenue dans le petit monde des pléonasmes involontaires !
Personnellement, j’ai une affection toute particulière pour ces innombrables assemblages de mots, la plupart du temps considérés comme fautifs, où le « je descends en bas » côtoie la « dune de sable », la « marche à pied » le « je monte en haut »… Tous ces bouts de phrase dont on sait pertinemment qu’ils sont pléonastiques (on nous l’a assez répété), mais que l’on se surprend parfois à prononcer avant de se dire intérieurement : « Zut, il m’a encore échappé celui-là ! »
Pléonasme : « Terme ou expression qui ne fait qu’ajouter une répétition à ce qui vient d’être énoncé » précise le Petit Robert, citant comme exemple vicié « prévoir à l’avance ».
 

« Faire une chute verticale »

Allons-y pour les plus courants : « ajouter en plus », « faire une chute verticale », « achever complètement », « une erreur involontaire », « comparer entre eux », « une heure de temps », « une petite maisonnette », « un monopole exclusif », « reculer en arrière », « passer en première priorité », « refaire encore » ou « répéter de nouveau », « il suffit simplement », « tous sont unanimes », « la topographie des lieux », « se réunir ensemble » ; « observer attentivement » ; « augmenter davantage », « commencer d’abord », « avérer vrai », « au grand maximum », « s’entraider mutuellement », « une apparence extérieure », « un hasard inattendu », « crier à haute voix », « mais… cependant », « mais… néanmoins », « mais… pourtant », « ainsi donc », « assez satisfaisant », « à haute altitude », « un faux prétexte », « un petit nain et un grand géant », « une double alternative », « car en effet », « se suicider soi-même »…
 

Une secousse sismique ?!?

Dans le même ordre d’idée, il sera tout aussi inutile de préciser d’un revolver qu’il est à barillet, puisque tous les revolvers en ont un, de dire d’un ciel – comme je l’ai encore lu récemment dans une enquête policière à succès – qu’il est constellé d’étoiles (constellé signifiant déjà parsemé d’étoiles).
Si le Petit Robert semble accepter aujourd’hui « dépenses somptuaires », le Dictionnaire des difficultés de la langue française (éditions Larousse) le considère toujours comme un pléonasme (somptuaire signifiant « relatif aux dépenses »). Il en est exactement de même pour « secousse sismique » (sismique venant du grec seismos signifiant choc, secousse).

applaudir des deux mains pléonasme ou non
« Applaudir des deux mains » !
Pléonasme ou non ?
Personne, en revanche, ne remet en cause des pléonasmes entérinés par le temps, tels que « saupoudrer de sel » (sau se traduisant bien par sel), ou tout simplement « aujourd’hui », formé de jour et de hui (venant de hodie = en ce jour). Mais n’en profitez tout de même pas pour abuser du très en vogue « au jour d’aujourd’hui » (même si l’Académie française le tolère) !
Et « applaudir des deux mains », alors ?
Sachant que l’immense majorité de nos congénères en ont bien deux, qu’elles sont toutes deux nécessaires pour accomplir ce geste… Oui, cette expression est effectivement pléonastique. Elle fait d’ailleurs partie d’une liste de pléonasmes fautifs concoctée par l’auteur d’un livre, par ailleurs excellent, destiné à préparer des étudiants au concours très sélectif d’orthophoniste.
Le très rigoureux Dictionnaire des difficultés de la langue française mentionne pourtant laconiquement : pléonasme admis (donc non fautif). Ha ! Un pléonasme que l’on a le droit d’utiliser ! Et pourquoi donc ? Tout simplement parce que l’expression a pris une signification précise que le verbe « applaudir », utilisé seul, ne parviendrait pas à retranscrire : « Applaudir sans réserve. »
 
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vendredi 2 octobre 2015

Citations : juste une mise au point

Vous aimez utiliser de temps à autre une citation afin de rendre vos écrits plus attrayants ? Bravo ! Rien de tel, en effet, pour capter l’attention de vos lecteurs. Pourtant, il vous arrive parfois d’hésiter : « Dois-je mettre le point final avant ou après le guillemet fermant ? » Réponses.
Point final avant ou après les guillemets
Ah ! La Pléiade… Voilà une superbe collection qui respecte, bien évidemment, les usages typographiques !

« Une phrase commence par une majuscule et se termine par un point. » Pas plus tard qu’hier, l’une de mes filles (CE1) s’est vu retirer un point à son auto-dictée parce qu’elle avait justement omis d’en mettre un [point] à la fin de sa phrase. Et si je me permets de vous rappeler cette règle élémentaire, c’est qu’elle va grandement nous aider à comprendre notre sujet du jour : la place du point à la fin d’une citation.
Imaginez à présent l’une des premières pages d’un ouvrage où figurerait, seule, une citation.

« Il n’est de richesse
que
d’hommes ».
                          (Jean Bodin)

Cela ne vous choque pas ? Moi, si. Une phrase commence par une majuscule et se termine par un point. Ici, elle commence avec Il et se termine juste après hommes. Le point de même que les points d’interrogation, d’exclamation, de suspension devra se trouver avant le guillemet fermant (il est inclus dans la citation) :
« Il n’est de richesse
que
d’hommes. »
                           (Jean Bodin)

Cette règle typographique est bien entendu en usage à l’Imprimerie nationale. On l’appliquera aussi pour toutes les citations insérées dans un texte, dès lors qu’elles forment une phrase complète et sont introduites par un deux-points.
Les enfants s’écrièrent : « C’est trop compliqué la ponctuation et la typographie ! » Ils étaient cependant heureux…
(La phrase suivante commence directement après les guillemets.)

En revanche, si la citation ne constitue qu’un segment de phrase fondu dans un texte, le point final sera placé à l’extérieur des guillemets.

Ce à quoi le professeur leur répondit que la typographie n’était qu’un code, « généralement connu de tous, destiné à rendre les écrits plus lisibles ».
(Vous remarquerez ici : l’absence de deux-points ; l’absence de majuscule au premier mot de la citation ; le point final qui est celui de la phrase commençant par « Ce ».)

Vous ne vous étiez jamais posé de questions à ce sujet ?


Vous devriez peut-être lire aussi : « La conquête des espaces (espaces et signes de ponctuation) » !

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jeudi 24 septembre 2015

Adverbes, puddings et brasseries bavaroises

Je ne sais pas vous, mais personnellement, ils m’ont longtemps donné du fil à retordre ces adverbes se terminant par ment ! Fallait-il les orthographier : -ement, -ament, -amment, -emment ? Oui, c’est vrai, il convient de toute manière de ne pas en abuser. Un par phrase, ça suffit. Sinon, votre écrit risque de devenir plus lourd qu’un pudding avalé après un déjeuner dans une brasserie bavaroise.
 

astuces en français, adverbes en -ment
« Adverbes et puddings !
Vous voyez le rapport, vous ? »
Mais revenons à nos moutons. Un jour, j’ai redécouvert une petite règle, « bête comme chou », qui m’a bien aidé. Il faut tout d’abord avoir en tête que tous ces adverbes en ment se construisent à partir d’un adjectif : vraiment (vrai), gentiment (gentil), durement (dur)… Il est encore nécessaire de savoir que la plupart des adverbes en ment s’écrivent bien -ment, avec un seul : saintement, drôlement, pudiquement, joliment…
 
Il y aura cependant deux grandes catégories d’exceptions.
- Les adverbes formés à partir d’un adjectif se terminant par ant doubleront leur m et conserveront le a du ant : élégant → élégamment ; méchant → méchamment ; suffisant → suffisamment…
- Les adverbes formés à partir d’un adjectif se terminant par ent doubleront leur m et conserveront le e du ent : apparent → apparemment ; innocent → innocemment ; intelligent → intelligemment…
Aaah ! On m’aurait dit cela plus tôt !

(Savez-vous que sans peut être suivi d'un pluriel ? Lisez plutôt : Un monde sans fauteS.)

Constantes orthographiques, homophones, participes passés... Consultez notre catalogue formations.

samedi 5 septembre 2015

Un jour « Cent » (l'accord des adjectifs numéraux)

Rentrée des classes oblige : cette semaine, petites révisions sur l’accord des adjectifs numéraux… histoire de ne plus faire de fautes sur vos cahiers (pour les plus jeunes) et sur vos chèques (pour les plus grands). Un, deux, trois, partez !
vingt avec un s ou sans s, l'accord de cent
« “Super”, la rentrée ! Perso, j'aurais encore préféré des participes passés... »
Au départ, tout est simple ! Les adjectifs numéraux (deux, huit, douze, sept, mille…) sont invariables : les sept mercenaires, les cinquante-cinq jours de Pékin, les quatre mille élèves.
Même lorsqu’ils sont exceptionnellement employés comme noms, les chiffres ne s’accordent pas : un joueur de poker, par exemple, peut avoir quatre sept en main. (Il convient de rappeler que zéro, million, billion, milliard, sont des noms communs et non des adjectifs numéraux : ils s’accordent.)
Jusque-là, c’est enfantin ! Et retenons une fois pour toutes que mille, adjectif numéral, ne prend jamais de « s », y compris dans l’expression « gagner des mille et des cents ». Aïe ! L’expression qui fâche : pourquoi mettre ici un « s » à cent et pas à mille ?
Si les adjectifs numéraux sont toujours invariables, il existe tout de même deux exceptions : vingt et cent.

Excepté les Vincent

Vingt et cent prennent un « s » quand ils ne sont pas suivis d'un adjectif numéral et qu’ils sont multipliés par un chiffre supérieur ou égal à deux (pour vingt, il n’existe que le cas du quatre : quatre-vingts chaises). Ils demeurent autrement invariables.
On copiera sur son cahier « deux cents lignes » (cent est ici multiplié par deux et n’est pas suivi d’un autre chiffre, donc il s’accorde), « deux cent deux mots » (cent est suivi d’un chiffre, il ne s’accorde pas).
De la même manière, on écrira « quatre-vingts tableaux », mais « deux mille trois cent quatre-vingt-deux craies » (mille est toujours invariable ; cent est invariable puisque suivi d’un nombre ; vingt également invariable car suivi de deux).
Ne nous laissons pas non plus tromper en écrivant, par exemple, « deux mille vingt écoliers ». Ici, vingt n’est pas multiplié par quatre ; il s’agit bien de deux mille (plus) vingt écoliers.
On suivra un raisonnement à peu près analogue pour les expressions « faire les cent pas » et « gagner des mille et des cents ». Dans le premier cas, il s’agit d’une seule centaine de pas ; de plusieurs centaines dans le second. Et le mot centaine que nous venons d’employer a son importance. Il explique à lui seul ces exceptions que constituent vingt et cent. Pourquoi ?

Tout sauf arbitraire

La langue française est très logique. En même temps que l'explication de ces exceptions, voici un petit moyen mnémotechnique pour savoir quand accorder vingt et cent : on les accorde uniquement lorsqu’ils peuvent être remplacés par vingtaine et centaine.
Et c’est justement parce qu’ils remplacent ces deux noms que l’on a continué à leur ajouter, dans ces cas-là, un « s ». « Deux cents billes » (deux centaines de billes) ; « Deux cent trois billes » (deux centaines trois billes) ; « Deux mille deux cents cartables » (deux mille cartables et deux centaines d’autres) ; « Quatre-vingts crayons » (quatre vingtaines de crayons).
Lorsque cent et vingt ne sont pas suivis d’un adjectif numéral, ils sont donc assimilés à des noms communs ; dans le cas contraire, ils demeurent des adjectifs numéraux à part entière.

Jusqu’à la page deux cent

Plus que deux points à examiner et vous serez fin prêts pour cette rentrée.
Pourquoi écrit-on « deux cent mille élèves », sans « s » à cent, et « deux cents millions d’euros » en en mettant un ? Tout simplement parce que dans le premier cas cent est suivi de mille (adjectif numéral, donc pas d’accord) ; dans le second cas, il est suivi de million (nom commun – comme déjà signalé –, donc accord).
Et le titre de ce paragraphe, alors : « Jusqu’à la page deux cent » ? Pourquoi ne pas mettre de « s » à cent ? Essayez de remplacer cent par centaines ! Dans cet exemple, il faut comprendre : « Jusqu’à la deux centième page. Cent désigne ici un rang et non plus une quantité ; il est adjectif numéral ordinal et non plus adjectif numéral cardinal (désolé pour les « gros » mots).
On retrouvera ce même cas de figure, assez fréquent, dans la mention des années : « L’an neuf cent » (la neuf centième année) ; « Les années quatre-vingt »…
Vous avez appris quelque chose ?

Résumons-nous

* Les adjectifs numéraux sont invariables (les sept points cardinaux, deux mille élèves).
accord de vingt, cent avec ou sans s
« Eh mais c'est trop top [très bien] ton truc !
Sauf que, à mon avis,
t' [tu] aurais dû commencer par le résumé. »
* Zéro, million, milliard s’accordent car ils sont des noms communs (huit millions).
* Si les adjectifs numéraux sont invariables, vingt et cent sont considérés comme des noms lorsqu’ils ne sont pas suivis d’autres chiffres. Ils sont alors remplaçables par vingtaine et centaine et s’accordent alors comme n’importe quel nom commun (trois cents surveillants, deux cent deux pions, quatre-vingts parents, quatre-vingt-cinq professeurs).
* Parfois adjectifs numéraux ordinaux, cent et vingt ne peuvent plus être remplacés par vingtaines et centaines (ils sont alors synonymes de vingtième et centième) et sont là aussi invariables (la page quatre-vingt de ce livre, l’an six cent).


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vendredi 28 août 2015

Quatre hommes et un papillon (histoire drôle)

Dès la semaine prochaine, retrouvez de nouveaux articles sur unmondesansfautes.blogspot.com. En attendant, je vous propose cette jolie petite histoire trouvée sur le Net.
 
histoire drôle un monde sans fautes
Un Anglais, un Français, un Espagnol et un Allemand admirent ensemble un papillon.
« BUTTERFLY ! s’exclame l’Anglais. Je dis : la langue anglaise exprime parfaitement le gracieux vol, le léger insecte, n’est-il pas ? »
Le Français reprend : « PAPILLON, papillon, n’entendez-vous pas dans ce joli mot l’éphémère, toute la fragilité de cette courte vie ? N’entendez-vous pas tout le génie de la langue de Molière, le… »
« Hombre ! interrompt l’Espagnol. MARIPOSA ! Voilà l’exemplarité d’un terme espagnol qui traduit le vert, le yaune, le rojo, toute la vivacité des couleurs de cet animal et de la belle Andalousie ! »
(Silence gêné des quatre hommes.)
« Pourkoi me rekardez-fous komme ça ? finit par demander l’Allemand. Che ne fois fraiment pas ce que fous reprochez à SCHMETTERLING ? »

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mercredi 24 juin 2015

Ah, mon bon monsieur !

En quelques années, cette faute s'est répandue à vitesse grand V.
Mr ou M.
Un « Mr » très importun s'est incrusté sur la plupart de vos chéquiers.

Moi je vous le dis : « Tout fout le camp ! » Un « Mr » (un « Mr » très importun) s'est incrusté sur une foule de boîtes aux lettres, sur la plupart de vos chéquiers, dans de nombreuses correspondances. Pire encore : un célèbre magasin de bricolage exhibe fièrement son « Mr » aux yeux de tous ! Plus personne, ou presque, ne réagit. Même des professeurs des écoles, des enseignants du secondaire utilisent innocemment cette malencontreuse abréviation de « Monsieur ». Une abréviation qui, rappelons-le, s’écrit « M. » en bon français.
« Il y a plus grave dans la vie, me ferez-vous gentiment remarquer. Pas besoin de vous mettre dans un état pareil. » Oui, c’est vrai, il y a plus grave : écrire « Melle » au lieu de « Mlle », par exemple !!!
Plus sérieusement, ce sont là de petites fautes qu’il convient d’éviter sur vos CV, dans vos lettres de motivation, sur vos chèques, sur les enveloppes destinées à vos clients…
Et puis, ce n’est tout de même pas si compliqué :
  • Monsieur s’écrit M. ; Messieurs, MM. ;
  • Madame s’écrit Mme ; Mesdames, Mmes ;
  • Mademoiselle, Mlle ; Mesdemoiselles, Mlles ;
  • Maître, Me ; Maîtres, Mes ;
  • Docteur, D;
  • Monseigneur, Mgr.
 

Autres fautes fréquentes sur les chèques : euro prend bien un s au pluriel (dix-huit euros). Euh ! Je pense aussi qu’il ne serait pas inutile de revoir de temps en temps, en entreprise, quand vingt et cent prennent un s… Cela s’oublie si vite, ces choses-là. Ne manquez pas de lire à ce sujet : Un jour « cent ».


Se perfectionner en orthographe ? Un monde sans fautes vous attend (Rennes, Brest, Saint-Brieuc…).

mardi 16 juin 2015

Dans les siècles des siècles

Il est des pièges à éviter, et quelques conseils à suivre, pour bien écrire « siècle » en toutes circonstances. De l’orthographe à la typographie… Suivez le guide ! 

Diriez-vous : « le dix-septième et le dix-huitième cheval », ou « le dix-septième et le dix-huitième chevaux » ? Vous préférez nettement la première solution ? Vous avez raison ! Voilà pourquoi vous écrirez de la même manière : « le dix-septième et le dix-huitième siècle », en évitant soigneusement d’écrire « siècle » au pluriel.
Avec « les » placé devant, en revanche, vous ajouterez comme il se doit un « s » à ce mot (les dix-septième et dix-huitième siècles/chevaux).
Bref, si l’accord de vos siècles vous laisse parfois dubitatifs, un recours à quelques canassons vous aidera toujours à trouver la bonne orthographe.
 

Petites majuscules, supérieures et tutti quanti

À présent, examinons l’écriture des siècles en abrégé. Tout d’abord, c’est en chiffres romains qu’il est fortement recommandé de les écrire (les Ier et IIe siècles). Jusque-là, ça va. Notons que si l’on veut abréger « avant » ou « après Jésus-Christ », on écrira « av. J.-C. » et « apr. J.-C. ». Il est également recommandé de placer les abréviations de ces nombres ordinaux en « exposant » (on nommera ces lettres : « les supérieures »). Ces supérieures s’écriront toujours en minuscules (ou bas de casse) : Ier siècle et non IER siècle. Rappelons que « premier » s’écrit Ier (« er »), et que le « -ième » de deuxième, troisième, dix-huitième, etc., s’abrège tout simplement avec un « e » (XVe siècle ; XVIIe siècle).
Signalons enfin, pour ceux qui voudraient aller plus loin, que les chiffres romains utilisés pour désigner les siècles s’écrivent normalement en petites majuscules (XVe et non XVe). Cela implique non seulement d’effectuer quelques recherches sur votre traitement de texte, mais aussi d’ajuster la hauteur de vos supérieures pour donner le plus bel effet à votre écriture (ce qui nous est d'ailleurs techniquement impossible à réaliser sur ce blog).
Et s’il vous reste quelques questions à ce sujet… N’hésitez pas à nous les poser !

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mardi 9 juin 2015

C'est hélas assez cocasse…

C'est hélas assez cocasse ce qui est arrivé la semaine dernière. Des internautes ont posté sur le site Bescherelletamère un document émanant du rectorat de Besançon. Il s'agit d'une convocation au bac de français 2015 dans laquelle s'est « glissée »… une ÉNOOORME faute : « Aucun résultat ne sera communiquer par téléphone. Aucun numéro d'inscription ne sera communiquer au candidat. » (Même mon correcteur Word a trouvé la faute !)
Dans le même temps, une autre convocation, destinée cette fois aux candidats du brevet des collèges des académies de Créteil, de Paris et de Versailles, contenait elle aussi une « jolie petite » bourde : « L'utilisation des téléphones portables, Smartphones ou tout autre appareil électronique est strictement interdites. » (Le correcteur Word, là, reste muet ; enfin, il ne faut pas trop lui en demander non plus.)
Et ce n'est pas un gag ! Peut-être est-il bon de rappeler que les élèves de 3e seront invités, le 25 juin, à plancher sur une dictée ; une dictée qui est généralement d'un bon niveau et à laquelle quatre années de collège les auront souvent… très mal préparés.

Soignez  votre orthographe ? Pensez Un monde sans fautes !

mardi 26 mai 2015

Un jeune homme aux cheveux filasse

Une dernière petite couche pour ne plus faire de fautes aux adjectifs de couleur !

règle des adjectifs de couleur, cheveux filasse, orange, kaki
« Euh ! Vous n'avez pas oublié de s à filasse ? »
« Ouarkkkk ! C’est un site consacré au français et à l’orthographe et il y a une énorme faute dans le titre ! Il n’a même pas mis de « s » à filasse. »
Ben non ! Désolé, aucune faute dans le titre de cet article consacré aux adjectifs de couleur : pas plus de « s » à filasse que de glaçon dans un verre de whisky irlandais. « Et pourquoi donc ? », me demanderez-vous. Eh bien allez donc poser la question aux Irlandais… Euh, veuillez m’excuser, c’est ce satané rhume, je m'emmêle un peu les pinceaux… Non, il n’y a pas ici de « s » à « filasse » parce que ces cheveux, d’un blond fade et sans éclat, sont de la couleur de la filasse, cette « matière textile végétale non encore filée » (Petit Robert).
« Et alors ? »
Alors ! Si les adjectifs de couleur s’accordent bien en genre et en nombre avec les noms auxquels ils se rapportent (des pantalons bleus, une orange bleue), ils deviennent invariables en trois circonstances :
  • lorsqu’ils sont accompagnés d’un autre adjectif qui les modifie (par exemple des yeux bleu foncé) ;
  • quand ils sont associés à d’autres couleurs (une plume bleu et blanc), et là, je vous conseillerais de lire un autre article qui a certainement marqué l’histoire du Web (De l'importance de la couleur des vaches) ;
  • enfin (c’est le cas dans notre titre), lorsque le terme utilisé pour désigner une couleur est un mot commun pris adjectivement. Abandonnons tout de suite le jargon grammatical pour prendre quelques exemples très concrets : des robes marron, sans « s », parce qu’elles sont de la couleur d’une chose (du marron ; et vous conviendrez aisément que l’on ne dit pas des robes marronnes) ; des maillots orange, sans « s », parce qu’ils sont de la couleur de l’orange. De même, on écrira : des barbes poivre et sel (de la couleur du poivre et du sel) ; des cheveux filasse (de la couleur de la filasse) ; des jupes rouges, ou bleues, ou jaunes… mais des chemisiers jonquille (de la couleur de la jonquille), ou corail, ou prune, ou pistache, ou groseille ou kaki (le kaki, rappelons-le, est le fruit d’un arbre d’origine japonaise).

Ils ont FRÉMI de Peur

« Des robes marron ? Des maillots orange sans « s » ?, mais on n’a jamais appris cela ! »
L’accord des adjectifs de couleur figure au programme de 5e. Vous trouverez cette règle dans n’importe quel ouvrage de grammaire. Maintenant, il est vrai que beaucoup d’adultes (vraiment beaucoup) l’ont oubliée. Tout comme ils ont oublié – et pour cause ! – les exceptions à cette règle. « Mamma mia ! Parce qu’en plus il y a des exceptions ? » Oui, vraiment navré, il en existe six ; six noms communs qui s’accordent tout de même lorsqu’ils sont employés pour désigner une couleur, parce que l’on estime, à tort ou a raison, que la couleur existait avant que la chose ne prenne son nom. C’est par exemple le cas du rose et de la rose (et on écrira bien « des jupes roses »).
J’ai tout de même une bonne nouvelle pour vous : il existe un petit moyen mnémotechnique pour retenir ces six mots : « FRÉMI de Peur », chaque majuscule étant l’initiale d’une exception, à savoir « Fauve », « Rose », « Écarlate », « Mauve », « Incarnat » et « Pourpre » (des cernes roses, des joues écarlates, des mouchoirs fauves, des Kleenex mauves…).
Bon, ce n’est pas tout ça, mais il faut que j’aille soigner mon rhume !

Si vous voulez connaître la faute que tout le monde (ou presque) commet aujourd'hui… C'est par ici : Tel Hannibal marchant sur Rome !


« Un monde sans fautes » est aussi un organisme de formation. Vous le saviez ?

mardi 19 mai 2015

Ma chronique du mardi (9)

  • Affirmatif ! Les mots commençant par « af » (et on en compte plus d’une centaine) prennent généralement deux « f » (affaire, afficher, affirmatif, affluence…), sauf : afghan, aficionado, afin, aflatoxine, afocal, et tous les mots de la famille de « Afrique ». Bon ! il est vrai qu’il faut aussi compter, en la circonstance, sur d'autres mots débutant par le même son, c’est-à-dire par « aph » (aphone, aphasie…), mais là, ils ne sont qu’une dizaine.
  • Bujumbura ! La semaine dernière, la capitale du Burundi a été placée sous le feu des projecteurs (en raison d’un coup d’État qui a complètement déstabilisé ce petit pays d’Afrique). Bujumburiens et Burundais se seraient certainement passés de faire ainsi la une des journaux, de même que les Outrelois, habitants d’Outreau (département du Pas-de-Calais), pour une autre, mais tout aussi triste affaire.
  • Une vérité à demi mise à nu ! « Nu » et « demi » ont ceci en commun qu’ils sont accompagnés d’un trait d’union et invariables lorsqu’ils sont placés devant un nom : « nu-pieds », « demi-heure » ; « sortir nu-tête », « une demi-lieue ». En revanche, ils sont bien considérés comme adjectifs lorsqu’ils suivent le nom qu’ils qualifient (ils s’accordent donc avec ce dernier) : « sortir tête nue », « une heure et demie » (on écrira « deux heures et demie », sans « s » à « heure », puisqu’il s’agit bien de la moitié d’une seule heure). Notons encore l’invariabilité de deux locutions : « à nu » (la vérité mise à nu) et « à demi » (faire les choses à demi).
  • À venir ! Très bientôt, sur unmondesansfautes, une série d’articles inédits : les adjectifs de couleur ; les principales fautes à éviter sur une simple carte de visite, et… « Tel » que vous ne l’avez jamais vu.
                Vous souhaitez devenir un pro des participes passés : jetez un coup d'œil à la rubrique « Nos formations »  ! 

mardi 12 mai 2015

Ma chronique du mardi (8)

  • Le mot « discussion » s’orthographie bien avec deux « s » et non avec un « t », comme on le voit si souvent écrit. Il est vrai que nous avons ici affaire à un « t » tentateur, notamment en raison de la présence de cette consonne dans le verbe « discuter », et aussi parce que tous les mots se terminant par le son « ussion » s’écrivent effectivement avec un « t » (diminution, parution, etc.). Enfin, tous sauf : concussion, percussion, répercussion et discussion.
  • Un petit tour dans les Vosges, ça vous dit ? Les habitants de Saint-Dié (sous-préfecture) s’appellent les Déodatiens ; ceux de Neufchâteau (autre sous-préfecture), les Néocastriens ; et ceux d’Épinal (la préfecture), les Spinaliens. Dans ce département des Vosges, nous trouvons aussi la station thermale de Vittel, avec ses Vittellois, mais aussi : Gérardmer et son festival du film fantastique (les Géromois) ; Domrémy, la ville natale de sainte Jeanne d’Arc, qui était donc une Domrémoise… et la petite commune de Charmes, où résident les Carpiniens et les Carpiniennes.
  • Ne vous mettez pas dans tous ces états ! « État » prend une majuscule lorsqu’il revêt le sens de « nation, forme de gouvernement ». On écrira donc un chef d’État, un secrétaire d’État, un coup d’État et, en sens inverse, un état de fait, le tiers état, en tout état de cause, un état des lieux… C'est toujours bon à savoir, non ?
              À Brest, à Rennes, Un monde sans fautes est là pour vous aider à progresser en orthographe !

mardi 5 mai 2015

Ma chronique du mardi (7)

  • Une petite constante orthographique pour la forme ? Allons-y ! Les mots commençant par « souf » prennent toujours deux « f » (souffrir, souffler…), sauf : le soufre et le soufisme (doctrine islamique ésotérique) et, bien entendu, les mots de leurs familles (soufrière, soufi…).
  • Un petit gentilé pour le plaisir ? Les habitants de Villefranche-sur-Saône (département du Rhône) s’appellent les Caladois. Pourquoi cela ? La calada, mot franco-provençal, désigne une rue pavée en pente (pavée avec des galets du Rhône ou de la Durance), ce genre de rues que l’on trouvait autrefois à Villefranche-sur-Saône, d’où le nom que portent aujourd’hui les quelque 35 000 habitants de la capitale économique du Beaujolais.
  • Trois mots qui ne s’inventent pas pour la route ? Amygdale, rastaquouère et sacripant s’orthographient bien ainsi (et n’oubliez pas que si « sacripant » s’écrit avec un « t » parce qu’il vient de Sacripante, personnage inventé au XVsiècle par le poète italien Boiardo , « chenapan », lui, n’en a pas).
  • Une petite règle bien utile pour ! ?, pour ? ! (« Pourquoi diable ai-je commencé tous mes paragraphes comme cela ? »)… Une petite règle bien utile pour terminer : le mot « presque » ne s’élide jamais (« Il serait presque fiable, presque habile, presque inutile… »), sauf devant le mot « île » (« La presqu’île de Quiberon »). C’est bon à savoir, non ?
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mardi 28 avril 2015

Ma chronique du mardi (6)

  • Une petite constante orthographique bien pratique à connaître ! Les mots commençant par le son « ef » prennent toujours deux « f » (rappelons par la même occasion qu’il n’y a jamais d’accent devant une double consonne) : effort, effilocher, effet, effrayer… Sauf : éfaufiler (défaire un tissu en tirant des fils), éfrit (génie malfaisant dans la mythologie arabe) et éfendi, qui peut d’ailleurs s’écrire aussi effendi (chez les Turcs, ancien titre de dignitaires civils ou religieux).
  • Pour terminer, une petite expression : « Acheter chat en poche (ou en sac) ». Sa signification ? Acheter une chose sans l’avoir vue.
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jeudi 23 avril 2015

Habiter sous un coin de ciel bleu de France (les gentilés)

Villes et villages de France ! Parfois nichés au creux d'une vallée, au cœur d'une forêt, au bord d'un fleuve… Et le nom savoureux de leurs habitants !
habitants de Lisieux Lexoviens, gentilés
Contrairement à d'autres, le nom des habitants de Lampaul-Guimiliau (Finistère) est assez sage : les Lampaulais.

Deux passionnés ont créé voici onze ans un joli petit site, habitants.fr, entièrement consacré aux gentilés des quelque 36 000 communes de l’Hexagone. Ah ! que ces noms d’habitants sont intéressants ! Pourquoi ? Tout d’abord parce qu’ils contribuent à la richesse de notre langue. Imaginez ! Trente-six mille noms propres (donc dotés de majuscules) pouvant être  aussi utilisés comme adjectifs (un Parisien, un musée parisien ; un Lexovien – habitant de Lisieux –, la basilique lexovienne). Jetez à présent un coup d’œil sur vos dictionnaires (noms propres et noms communs) ! Combien de mots référencent-ils ? Vous croyez que vous y trouverez les 36 000 gentilés que nous venons d’évoquer ! Que nenni ! Et voilà une autre raison de s’intéresser à ces mots singuliers : ils sont peu référencés.
Notons enfin que les ouvrages consacrés aux difficultés de la langue française ont longtemps accordé une place privilégiée à ces vocables à la construction parfois délicate. J’ai sous les yeux un livre édité à la fin des années soixante-dix, Parlons (correctement) français, concocté par le regretté Jacques Capelovici (agrégé de l’Université et alors animateur des « Jeux de 20 heures »). Aux côtés de règles d’accords particuliers, de noms communs au genre incertain, Maître Capelo célébrait les Bajocasses de Bayeux (département du Calvados), les Clodoaldiens de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), les Mussipontains de Pont-à-Mousson (Vosges)…

Toutouvillais et Bragards : vous connaissez ?

Oui, ces gentilés fleurent bon le terroir, le cassoulet fait maison, l’humus d’un sous-bois par un beau matin de printemps, la galette bien beurrée que l’on déguste à la terrasse d’une crêperie armoricaine ! Ils font partie de notre patrimoine !
Dans nos villages, il n’est d’ailleurs pas rare que l’on y soit aussi attaché qu’au monument érigé, tout près de l’église, à la mémoire des Poilus. Tiens ! les poilus ! Cela me fait penser aux Pictiens, les habitants de Poil, commune du département de la Nièvre, un nom à rapprocher de celui des Ardennais de Poilcourt-Sydney : les Poilcourtois. Et il en est d’autres (gentilés), à être assez cocasses ! Savez-vous, par exemple, que les habitants de Villechien, département de la Manche, s’appellent les Toutouvillais ? Qu’à Longcochon, commune du Jura, on se souvient encore qu’une coquille administrative est à l’origine de la transformation de Longcoucher en Longcochon, et qu’en conséquence on y revendique toujours le nom de Couchetards ? Les Aiglons de L’Aigle (département du Calvados) portent aussi un nom original, de même que les Fourchus de Fourches (Calvados), les Croquants de Crocq (Creuse), les Druydes de Druy-Parigny (Nièvre), les Grâcieux de Grâces (Côtes-d’Armor), les Moucherons de La Mouche (Manche), les Lutins de Luc-sur-Mer (Calvados), les Beauvoisins* de Beauvoir (Manche)… Et que penser des Croûtons* des Croûtes, dans le département de l'Aube ?
Tout aussi originaux sont les Chats-Gris et les Chats borgnes, habitants de deux communes voisines du Doubs : Métabief et Saint-Antoine (on raconte que des querelles de clochers sont à l’origine de ces sobriquets).
Les Bragards, ou Bragars, eux, sont inclassables. François Ier serait à l’origine de leur surnom. En 1544, il se serait exclamé : « Ah, les braves gars ! », après avoir appris leur résistance héroïque face aux troupes de l’empereur Charles Quint. La ville des Bragards ? Saint-Dizier !

Atrebates et Carolomacériens

Bon ! Il faut reconnaître que nombre de gentilés sont plus banals : Rennais, Parisiens, Toulonnais, Strasbourgeois… Mais même en se limitant aux seules préfectures, on en trouve de plus inattendus : Bressans ou Burgiens (Bourg-en-Bresse), Carolomacériens (Charleville-Mézières), Fuxéens (Foix), Ruthénois (Rodez), Berruyers (Bourges), Briochins (Saint-Brieuc), Pétrocoriens (Périgueux), Bisontins (Besançon), Valentinois (Valence), Ébroïciens (Évreux), Auscitains (Auch), Castelroussins (Châteauroux), Lédoniens (Lons-de-Saulnier), Ponots ou Podots (Le Puy), Cadurciens (Cahors), Saint-Lois (Saint-Lô), Arrageois ou Atrebates (Arras), Palois (Pau), Vésuliens (Vesoul), Manceaux et Mancelles (Le Mans), Montalbanais (Montauban), Spinaliens (Épinal), Balbyniens (Bobigny) ou encore Cristoliens (Créteil).
Et bien entendu, j’ai gardé mes préférés pour la fin : les Réginaburgiens de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), les Épiscopaliens de Bourg-l’Évêque (Maine-et-Loire), les Castel-Papaux et Castel-Papales de Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse), les Sparnaciens d’Épernay (Marne), les Gynépolitains de La Ville-aux-Dames (Indre-et-Loire), les Dionysiens de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les Pontellois-Combalusiens* de Pontault-Combault (Seine-et-Marne), les Dagovéraniens* de Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine) et les Villacalvitiens* de Villechauve (Loir-et-Cher).
Elle n’est pas belle, la France ?

* Les gentilés suivis de ce signe nous ont été signalés par des membres du Bon usage de la langue française, sur LinkedIn : Gilles Barnet, Anne Berneur, Claude Derhan, Xavier Desvaux, Bruno Durteste. Qu'ils en soient vivement remerciés !


Vous connaissez le nom des habitants des capitales d’Amérique du Sud ? Non ? Suivez-moi : Pampa, maracas… et habitants des capitales sud-américaines.

Orthographe, grammaire, typographie, expression écrite... Un monde sans fautes !