vendredi 16 décembre 2016

La conquête des espaces (espaces et signes de ponctuation)

Espaces et signes de ponctuation ! Quand en mettre ou non (des espaces) ? Il ne s’agit pas là d’un détail lorsque vous rédigez : il y va souvent de la lisibilité de vos documents, parfois de votre crédibilité.
espaces avant et après signes de ponctuation
Entrons dans l'univers de l'espacement des signes de ponctuation !








Très peu d’élèves étudient cette convention typographique au collège et au lycée ! Il arrive même que des professeurs de français, des étudiants en lettres tâtonnent à ce sujet ! 
Tenez ! Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai lu l’éditorial d’un excellent magazine où deux points d’exclamation étaient piteusement collés aux mots qui les précédaient… Une tache de ketchup sur un tableau de maître ne m'aurait pas fait plus mauvais effet (j’exagère un peu). 
Bon ! Je vous laisse à présent le choix : préférez-vous un long discours sur l’importance des espaces en typographie ou un exemple ? D’accord ! J’opte pour l’exemple. Lisez plutôt ces deux petits textes (d’abord celui de gauche, puis celui de droite) : 

«Je vous accorde deux minutes ,pas une de plus» , signifia- t -il à sa secrétaire .   ( Il prit alors un air très inspiré . )
«Je vous écoute …Allez!dites - moi!poursuivit -il . Dites -    moi pourquoi diable,selon vous ,la présence ou non d’espaces avant et après les signes de ponctuation serait si importante?   »
( Etpas très finaud il éclata de rire . )
« Je vous accorde deux minutes, pas une de plus », signifia-t-il à sa secrétaire. (Il prit alors un air très inspiré.)
« Je vous écoute… Allez ! dites-moi ! poursuivit-il. Dites-moi pourquoi diable, selon vous, la présence ou non d’espaces avant et après les signes de ponctuation serait si importante ? »
(Et pas très finaud il éclata de rire.)

La leçon à en titrer ? Plus vous respecterez l'usage en la matière et plus vos écrits seront clairs, lisibles, crédibles, plus vous inspirerez confiance, plus votre message portera. Dans le cas contraire… 
À présent, j’ai une bonne nouvelle ! Vous trouverez ci-dessous un tableau spécialement conçu pour vous, reprenant tous les signes de ponctuation et les espaces qui leur sont appropriées.
Ah oui ! J’oubliais : en typographie, on dit bien UNE espace.

Espacement des signes de ponctuation : le tableau

    Avant                                                                  après



virgule

pas d'espace, espace
point
pas d'espace. Espace
point-virgule
espace fine insécable ; espace
point d’exclamation
espace fine insécable ! Espace
point d’interrogation
espace fine insécable ? Espace
deux-points
espace insécable : espace
trait d'union
pas d'espace-pas d'espace
tiret
espace espace
   Avant                                                                   après




guillemet ouvrant

espace « espace insécable
guillemet fermant
espace insécable » espace
guillemets anglais
espace pas d'espace pas d'espace espace
parenthèse ouvrante
espace (pas d'espace
parenthèse fermante
pas d'espace) espace
crochet ouvrant
espace [pas d'espace
crochet fermant
pas d'espace] espace
1. Ce tableau reprend, de manière très légèrement simplifiée, les préconisations de l'Imprimerie nationale. Il est à noter que tous nos amis francophones (notamment suisses et québécois) n'ont pas les mêmes usages.
2. Il conviendra de respecter (au minimum) la présence ou non d'espaces avant et après chaque signe de ponctuation.
3. Si vous avez l'amour du travail bien fait, la volonté de publier un document de qualité, il vous faudra entrer un peu plus dans les détails et faire la distinction entre trois types d'espace (nous vous les présentons du plus grand au plus petit) :
L'espace simple, celle que l'on trouve habituellement entre deux mots (barre espace).
L'espace insécable, souvent très légèrement inférieure à la précédente (sur PC, maintenir le doigt sur la touche alt et taper le code 0160).
Par insécable, il faut entendre que ce type d'espace vous permet de lier définitivement le signe de ponctuation au mot qui le précède (ou lui succède, dans le cas du guillemet ouvrant), vous évitant ainsi de vous retrouver, par exemple, avec un deux-points isolé en début de ligne.
L'espace fine insécable, la plus petite que l'on puisse trouver, est elle aussi liée au signe de ponctuation qui la suit (sur PC, appuyer sur les touches shift + ctrl, les maintenir enfoncées, puis appuyer sur la barre espace).



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jeudi 22 septembre 2016

Ces mots qui ne s’inventent pas (5)

Ce sont des mots (ou des expressions) que l’on rencontre assez fréquemment ! On ne se doute pas toujours qu’ils s’écrivent bien ainsi.

Eh bien ou Et bien, autant que faire se peut, à l'envi, fautes fréquentes
Non, ce n'est pas l'une de mes idées fixes
Il y a bien une faute !

EH BIEN, moi, je vous le dis !

Par Toutatis ! Les éditions Albert René ont laissé passer cette faute ! Elle se trouve à la page 16 de La galère d’Obélix. Le vice-amiral Prospectus utilise la conjonction de coordination Et à la place de l’interjection Eh.
Il aurait fallu écrire : « Eh bien voilà… c’est que… »
Ici, Eh bien est à mettre sur le même plan que deux autres interjections : Eh quoi et Eh oui. Le Dictionnaire des difficultés de la langue française (Larousse) donne l’exemple suivant : « Eh bien, qu’avez-vous à dire ? »
« Rien, répondrez-vous peut-être. Ou plutôt si : je note que devant bien on écrit Eh et non Et. »
Euh, pas si vite ! Ne pensez pas que c’est automatix automatique. Deux contre-exemples : « Il y est bel et bien arrivé » ; « Elle a fait son travail, et bien » [dans le sens de : « et elle l’a bien fait »].

Répétons-le à l’ENVI

Changeons de registre ! Après le vice-amiral Prospectus, voici… Jean-Jacques Rousseau : « Le gouvernement, les magistrats, les auteurs, s’y sont à l’envi déchaînés contre moi. »
Jean-Jacques, bien entendu, n’a commis aucune faute (tout au moins dans cette phrase).
Il faut savoir que envi, sans e final, existe uniquement dans la locution adverbiale à l’envi, qui signifie à qui mieux mieux, sans retenue.
« Ils avaient envie de fraises… Ils en ont mangé à l’envi. »

Autant que faire SE PEUT

Autant que faire ce peu, autant que faire se peut
« Ne pas paraître étonné. Zen !
Oui, bien sûr…
J’ai toujours su qu’autant que faire se peut
s’écrivait comme cela.” »
Et là, il est possible que l’un d’entre vous s’écrie : « C’est décidément n’importe quoi ce blog… Autant que faire Se peuT ! Et puis quoi encore ? »
Le vieux sage d’une ancienne série télévisée (Kung Fu), lui aurait peut-être rétorqué : « Scarabée ! Apprends que la vérité des vieux singes prend parfois l’apparence de la libellule… »
Mais n’ayant jamais très bien compris les paroles de ce sage, je me contenterai pour ma part d’ouvrir mon Petit Robert : « Loc. Autant que faire se peut, se pourrait : autant que cela est, serait possible. »


Vous en redemandez ?
Ces mots qui ne s'inventent pas (1)
Ces mots qui ne s'inventent pas (2)
Ces mots qui ne s'inventent pas (3)
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jeudi 26 mai 2016

Ces mots qui ne s’inventent pas (4)

Ce sont des mots que l’on rencontre assez fréquemment ! On ne se doute pas toujours qu’ils s’écrivent bien ainsi.

confusion entre balade et ballade
Michel ! On se contentera d'une petite balade, avec un l !

Petite BALADE avec Michel Vaillant

Ces temps-ci, mes filles pensent à leur papa. Lorsqu’elles se rendent à la médiathèque de Gouesnou (Finistère), au milieu de leurs Schtroumpfs, de leurs Tintin et autres BD, elles rapportent souvent… des aventures de Michel Vaillant (pilote de Formule 1).
Bon ! On ne peut pas dire que j’aime beaucoup les sports mécaniques (ni d’ailleurs la mécanique tout court), mais les histoires de Michel Vaillant – très bien conduites –, ça, c’est autre chose.
Oui, les personnages, les intrigues et le style de Jean Graton (l’auteur) me plaisent bien. Samedi dernier, donc, je feuilletais vaillamment un album, quand soudain, je pilai sur une faute : « Et voilà ! C’est malin ! Finies, les ballades en ski… »
Cette sortie de route est fréquente. Très fréquente. Le mot ballade existe bien. Les ballades sont des poèmes, des morceaux de musique qui illustrent ces poèmes.
On connaît la Ballade des pendus, de François Villon, les Odes et Ballades de Victor Hugo, les ballades irlandaises, celles de Schiller et de Chopin, et même – les puristes me pardonneront –, La ballade des gens heureux de Gérard Lenorman !
Mais la promenade dominicale, la balade que l’on fait à pied, à vélo ou à skis, elle, ne prend qu’un seul l. 

P. S. Il est également préférable de faire une balade à skis plutôt que en ski.
 
 

Nul n’est CENSÉ ignorer l’orthographe !

Non, il n'est pas sensé venir demain. Il est censé venir demain. Tous les ouvrages et sites spécialisés soulignent la fréquence de cette confusion entre censé et sensé. Pourtant, l'erreur reparaît très souvent dans les écrits. Alors certainement est-il nécessaire de le répéter :
Censé vient d'un ancien verbe, censer, qui voulait dire juger. Censé signifie aujourd'hui supposé (l'élève est censé connaître ses leçons ; nul n'est censé ignorer la loi).
Sensé, son homonyme, dérive de sens. Être sensé, c'est être réfléchi, avoir du bon sens (un homme sensé, une idée très sensée).
Confondre censé et sensé ! Cela peut paraître en effet insensé !
 


Tintin, lamasserie ou lamaserie
Mais pourquoi, Tintin ? Pourquoi cette « lamasserie » ?

De la balade de Vaillant à la LAMASERIE de Tintin

Oui, j'en conviens, ce terme n'est pas très usité, mais comme nous sommes partis dans le monde de la BD !
Hergé et les éditions Casterman (tout comme aujourd'hui Jean Graton et ses éditions) ne laissaient passer que très peu de fautes. Néanmoins, dans Tintin au Tibet, paru en 1960, surgit deux fois le mot lamasserie.
Il y a très longtemps, cette orthographe a été utilisée, notamment par F. Denis en 1857. Le vocable lamaserie (avec un seul s), qui désigne donc aussi le monastère des moines tibétains, est apparu quant à lui un peu avant, en 1850, et s'est très vite imposé. Littré l'orthographie ainsi en 1867.
En 2016, aucun dictionnaire (que ces ouvrages soient d'ailleurs français... ou belges) ne l'écrit autrement. Tous les ouvrages de référence en mentionnent la phonétique, avec ce s qui se prononce bien [z].
Le Dictionnaire d'orthographe et de difficultés du français (Robert) ajoute même : « Ne pas écrire lamasserie. »
Alors on se demande vraiment pourquoi les éditions Casterman persistent à réimprimer depuis 1960 (en 2012 encore) cette incongruité orthographique !
 


Vous en redemandez ? Ces mots qui ne s'inventent pas (1)

                                              Ces mots qui ne s'inventent pas (2)

                                              Ces mots qui ne s'inventent pas (3)

                                              Ces mots qui ne s'inventent pas (5)
                                                 
                                                 
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jeudi 19 mai 2016

Personnages célèbres : n'écorchez plus leurs noms !

« Il a vécu rue Châteaubriand, non loin du boulevard Clémenceau et de la cathédrale Saint-Rémi. » Et vous ? Auriez-vous bien écrit ces trois noms ?

Chateaubriand sans accent, faute fréquente
Pas d'accent sur le a de Chateaubriand.

Chateaubriand (1768-1848) : l’écrivain romantique

Non, la réforme voulue par Najat Vallaud-Belkacem n’est pas passée par là ! Si le a de château prend bien un accent circonflexe, le patronyme du célèbre auteur des Mémoires d’Outre-tombe, lui, n’en a pas (et n’en a jamais eu).
Ne confondez pas non plus Chateaubriand, l’écrivain et homme politique du XIXe siècle, avec Chateaubriant – l’un s'écrit avec un d, l’autre avec un t, c’est comme Dupond et Dupont –, prix Goncourt en 1911 avec son Monsieur des Lourdines et directeur d’un journal collaborationniste durant la seconde guerre mondiale.
Mais là non plus, pas d’accent sur le a, contrairement à cette ville de Loire-Atlantique qui s'appelle... Châteaubriant.

Saint Remi († v. 530) : celui qui baptisa Clovis

On le prononce, mais il ne s’écrit pas. Le nom de cet évêque de Reims s’orthographie sans accent.
D’autres évêques portèrent ensuite ce prénom (toujours sans accent), notamment Remi d’Auxerre (théologien des IXe et Xe siècles).
On écrit aussi Georges REMI, plus connu sous le nom de Hergé !
Au fil des dernières décennies, la plupart des communes placées sous le patronage de l’évêque de Reims ont fini par ajouter un accent à leur nom : Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines)…
Notons que les orthographes Rémi, Rémy, Remi ou Remy sont aujourd'hui toutes adoptées.
Mais lorsque l’on évoque le saint de Reims, c’est bien Remi qu’il faut continuer d'écrire.

Clemenceau sans accent, faute fréquente

Et pas d'accent sur le e de Clemenceau.

Georges Clemenceau (1841-1929) : le Tigre

Pas plus d’accent sur le e de Clemenceau que de cheveux sur les crânes de Kojak, Yul Brynner et Fabien Barthez réunis !
Bien entendu, le nom des établissements publics, des rues et lycées baptisés ainsi en l'honneur de l’ancien président du Conseil de la IIIe République… n’en ont pas davantage (d'accent).
Il en est de même pour le porte-avions Clemenceau, qui navigua de 1961 à 1997… Et aussi pour le cuirassé Clemenceau, mis sur cale en 1939 et bombardé dans la rade de Brest (en 1944) alors qu’il était encore inachevé.

Pour l’anecdote, on peut lire sur un timbre français de 1939 représentant ce cuirassé : « Clémenceau », avec un accent… et donc avec une faute.

À lire également : « -gable »… sans « u », comme Clark Gable.

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jeudi 12 mai 2016

« Au temps pour moi » : l'explication !

Les médias en ont beaucoup parlé ces dernières années. Oui, au temps pour moi – qui signifie « je reconnais que je me suis trompé » – s’écrit bien ainsi. Mais pourquoi donc ?
 
Au temps pour moi, autant pour moi
« “Au temps”, “Au temps” qu'ils disaient
Et le temps de pause alors ? »
Peut-être vous souvenez-vous des articles parus sur ce blog au sujet des expressions « sabler le champagne », « coupes sombres et coupes claires », « le vivre et le couvert ». Les erreurs commises à leur propos, comme c’est le cas pour au temps pour moi, sont liées à l’oubli de leurs origines.
Alors justement ! quelle est l’origine de l’expression de ce jour ? « Elle est militaire » nous dit l’Académie française dans son ouvrage Dire, ne pas dire. « Au temps ! » (pour tous les exercices qui se font en plusieurs temps) s’emploie pour « commander la reprise d’un mouvement depuis le début. »
Et les Immortels de prendre pour exemple « au temps pour les crosses », employé quand, dans le maniement des armes, le bruit des crosses n’a pas été synchrone.
L’Académie poursuit : « De ce sens de c’est à reprendre, on a pu glisser à l’emploi figuré. On dit au temps pour moi pour admettre son erreur – et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début. »
Mais ce qui va suivre vous éclairera bien davantage encore…
 

C’était au bon vieux temps des manèges

Voici quelques mois, sur les ondes de France Info, l’écrivain Jean-Joseph Julaud racontait qu’il avait été conduit à compulser des dictionnaires d’argot militaire du XIXe siècle. Il y avait retrouvé ceci…
Dans les manèges, l’officier instructeur demandait à tous les cavaliers d’effectuer le même mouvement. Il lui fallait parfois rappeler ses élèves à l’ordre afin qu’ils retrouvent la bonne cadence. « Au temps ! », leur ordonnait-il alors.
Les cavaliers recommençaient donc l’exercice, non sans avoir auparavant reconnu implicitement leur erreur en s’écriant : « Au temps pour moi ! »

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mardi 10 mai 2016

Ces mots qui ne s’inventent pas (3)

Ce sont des mots que l’on rencontre assez fréquemment ! On ne se doute pas toujours qu’ils s’écrivent bien ainsi.

confusion entre balade et ballade
Michel ! On se contentera d'une petite balade, avec un l !

Petite BALADE avec Michel Vaillant

Ces temps-ci, mes filles pensent à leur papa. Lorsqu’elles se rendent à la médiathèque de Gouesnou (Finistère), au milieu de leurs Schtroumpfs, de leurs Tintin et autres BD, elles rapportent souvent… des aventures de Michel Vaillant (pilote de Formule 1).
Bon ! On ne peut pas dire que j’aime beaucoup les sports mécaniques (ni d’ailleurs la mécanique tout court), mais les histoires de Michel Vaillant – très bien conduites –, ça, c’est autre chose.
Oui, les personnages, les intrigues et le style de Jean Graton (l’auteur) me plaisent bien. Samedi dernier, donc, je feuilletais vaillamment un album, quand soudain, je pilai sur une faute : « Et voilà ! C’est malin ! Finies, les ballades en ski… »
Cette sortie de route est fréquente. Très fréquente. Le mot ballade existe bien. Les ballades sont des poèmes, des morceaux de musique qui illustrent ces poèmes.
On connaît la Ballade des pendus, de François Villon, les Odes et Ballades de Victor Hugo, les ballades irlandaises, celles de Schiller et de Chopin, et même – les puristes me pardonneront –, La ballade des gens heureux de Gérard Lenorman !
Mais la promenade dominicale, la balade que l’on fait à pied, à vélo ou à skis, elle, ne prend qu’un seul l. 

P. S. Il est également préférable de faire une balade à skis plutôt que en ski.
 
 

Nul n’est CENSÉ ignorer l’orthographe !

Non, il n'est pas sensé venir demain. Il est censé venir demain. Tous les ouvrages et sites spécialisés soulignent la fréquence de cette confusion entre censé et sensé. Pourtant, l'erreur reparaît très souvent dans les écrits. Alors certainement est-il nécessaire de le répéter :
Censé vient d'un ancien verbe, censer, qui voulait dire juger. Censé signifie aujourd'hui supposé (l'élève est censé connaître ses leçons ; nul n'est censé ignorer la loi).
Sensé, son homonyme, dérive de sens. Être sensé, c'est être réfléchi, avoir du bon sens (un homme sensé, une idée très sensée).
Confondre censé et sensé ! Cela peut paraître en effet insensé !
 


Tintin, lamasserie ou lamaserie
Mais pourquoi, Tintin ? Pourquoi cette « lamasserie » ?

De la balade de Vaillant à la LAMASERIE de Tintin

Oui, j'en conviens, ce terme n'est pas très usité, mais comme nous sommes partis dans le monde de la BD !
Hergé et les éditions Casterman (tout comme aujourd'hui Jean Graton et ses éditions) ne laissaient passer que très peu de fautes. Néanmoins, dans Tintin au Tibet, paru en 1960, surgit deux fois le mot lamasserie.
Il y a très longtemps, cette orthographe a été utilisée, notamment par F. Denis en 1857. Le vocable lamaserie (avec un seul s), qui désigne donc aussi le monastère des moines tibétains, est apparu quant à lui un peu avant, en 1850, et s'est très vite imposé. Littré l'orthographie ainsi en 1867.
En 2016, aucun dictionnaire (que ces ouvrages soient d'ailleurs français... ou belges) ne l'écrit autrement. Tous les ouvrages de référence en mentionnent la phonétique, avec ce s qui se prononce bien [z].
Le Dictionnaire d'orthographe et de difficultés du français (Robert) ajoute même : « Ne pas écrire lamasserie. »
Alors on se demande vraiment pourquoi les éditions Casterman persistent à réimprimer depuis 1960 (en 2012 encore) cette incongruité orthographique !
 


Vous en redemandez ? Ces mots qui ne s'inventent pas (1)

                                                 Ces mots qui ne s'inventent pas (2)

                                                 Ces mots qui ne s'inventent pas (3)

                                                 Ces mots qui ne s'inventent pas (5)
                                                 
                                                 
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mardi 3 mai 2016

Ces mots qui ne s'inventent pas (2)

Ce sont des mots que l’on rencontre assez fréquemment ! On ne se doute pas toujours qu’ils s’écrivent bien ainsi. 



réveil est le diminutif de réveille-matin
Quoi ? Ce réveil rouge est un réveille-matin ! 

Le mystère du RéveilLE-matin

Pour trouver un dictionnaire qui l’orthographie différemment, il faudra vous lever de bonne heure ! On écrit : un réveille-matin (pendule qui réveille au matin ; traditionnellement invariable au pluriel). Il est vrai, ce mot a un peu vieilli, et on lui préfère souvent son abréviation : un réveil (qui lui s’accorde au pluriel).

Mais ne vous en faites pas, de quelque manière que vous l’écriviez, si vous mettez à sonner vos réveille-matin à 6 heures, ces mêmes réveils vous sortiront effectivement du sommeil à l’heure dite.

Agir par ACQUIT de conscience

Si je vous dis cela, moi, c’est par acquit de conscience, afin que vous ne fassiez plus la faute. Je le fais donc pour l’acquit de ma conscience, pour en avoir la conscience dégagée. Le nom acquit signifiant ici action de s’acquitter.
Rien à voir, par conséquent, entre acquit et acquis, l’un venant du verbe acquitter et l’autre d’acquérir. Et on écrira donc bien différemment « agir par acquit de conscience » et « bien mal acquis ne profite jamais ».


La GLU (Allez ! On s’y colle !)

Vous connaissez les tubes de colle Uhu ? Oui, bien sûr, vous connaissez ! Eh bien, contrairement à ce qui est marqué sur chacun de ces tubes, la glu s’écrit sans e. Il est vrai qu’en anglais glue prend un e, et que justement la notice Uhu est rédigée dans la langue de Shakespeare.
En français, en revanche, glu est l’un des quatre mots féminins se terminant par le son u et s’écrivant sans : la bru (belle-fille), la glu, la tribu, la vertu.
Tous les autres prennent donc un e final. Non, non ! Vous n’avez pas la berlue !

 

Vous en redemandez ? Ces mots qui ne s’inventent pas (1)

                                                 Ces mots qui ne s'inventent pas (3)

                                                 Ces mots qui ne s'inventent pas (4)
                                                 Ces mots qui ne s'inventent pas (5)
 
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mardi 26 avril 2016

Ces mots qui ne s’inventent pas (1)

Ce sont des mots que l’on rencontre assez fréquemment... On ne se doute pas toujours qu’ils s’écrivent bien ainsi !



Fuchsia, fushia, fuchia
Ah ! Fichu fuchsia !

Des robes couleur

FUCHSIA

On sait l’écrire… ou pas : fuchsia. Le nom de cet arbrisseau d’origine chilienne nous vient du patronyme d’un botaniste bavarois du XVIe siècle : M. Fuchs.
N’oublions pas que l’on écrira « des robes fuchsia » (sans s), de même que l’on écrit « des lunettes orange », « des chemises marron » ou « des yeux noisette ». Si vous ne vous souvenez plus de cette règle – celle des noms communs utilisés comme adjectifs de couleur –, peut-être devriez-vous aller jeter un coup d’œil à un autre article de ce blog : Un jeune homme aux cheveux filasse.
Et pour en revenir à fuchsia, le Dictionnaire des difficultés de la langue française (éditions Larousse) nous précise que l’on doit prononcer fuk-sia ! Allez vous faire comprendre avec ça !


Il a écrit de beaux Mémoires

D’accord, le mot mémoire est tout ce qu’il y a de plus banal. On ne rencontre aucune difficulté à l’orthographier, ni d’ailleurs à en connaître le genre (féminin) : « Il a de la mémoire. »
Mais les Mémoires – ceux que nombre d’hommes et de femmes (célèbres ou non) nous ont laissés – s’écrivent quant à eux avec une majuscule initiale.
Toujours au pluriel, ils sont aussi du genre masculin ! « Les Mémoires très romancés de tel ou tel écrivain… »


Une maison de PLAIN-PIED

Voici presque deux ans, lors d’une journée de formation que je délivrais à de futurs agents immobiliers, plusieurs de mes stagiaires ont été très surpris de découvrir que, pour décrire une maison entièrement construite au niveau de sol, il fallait écrire « une maison de plain-pied » (et non « de plein-pied »).
Plain vient en effet du mot latin planus, qui veut dire plat, d’où les mots plaine et plain-pied.

Vous en redemandez ? Ces mots qui ne s'inventent pas (2)

                                              Ces mots qui ne s'inventent pas (3)

                                              Ces mots qui ne s'inventent pas (4)

                                                 Ces mots qui ne s'inventent pas (5)
 
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mardi 19 avril 2016

Pampa, maracas… et habitants des capitales sud-américaines

Aujourd’hui, nos gentilés (noms des habitants de…) nous invitent à une grande tournée des capitales sud-américaines. Olé !
Les habitants de Rio, les habitants de Buenos Aires, les habitants de Caracas…
D’accord ! Rio n’est plus une capitale, mais on ne pouvait tout de même pas passer à côté des Cariocas !

Comment s’appellent les habitants de Santiago du Chili, de La Paz ou de Buenos Aires ?
Commençons par les célèbres Cariocas de Rio de Janeiro ! Le terme est à présent bien ancré dans notre langue, mais une encyclopédie Larousse des années cinquante lui préférait encore celui de « Carioques ». À l’époque où était publié ce dictionnaire, Rio était toujours la capitale du Brésil. Brasilia, habitée par les Brasiliens, s’est depuis substituée à elle (en 1960).
Plus au sud, les habitants de Buenos Aires s’appellent les Portègnes (Porteños en espagnol, les « habitants du port »), à moins que vous ne préfériez les nommer les Buenos-Airiens.
Mais il y a un peu plus « exotique » !
 

Caraquègnes et Paramaribiens


Le nom des habitants des capitales sud-américaines
Ouf ! Une carte pour nous y retrouver !
Les habitants de Santiago du Chili ? Les Santiagais. Et voici les Montévidéens de Montevideo (Uruguay), les Assomptionnais d’Asunción (Paraguay), les Pacéniens de La Paz (cap. gouvernementale de Bolivie) et les Sucréniens de Sucre (cap. constitutionnelle de Bolivie), les Liméniens de Lima (Pérou), les Quiténiens de Quito (Équateur), les Bogotanais de Bogota (Colombie), les Caracassiens – ou Caraquègnes – de Caracas (Venezuela)…
Voyons, qui nous reste-t-il encore ? Ah oui ! Les Georgetoniens de Georgetown (Guyana), les Paramaribiens de Paramaribo (Surinam(e)) et les Cayennais de Cayenne (capitale de la Guyane française).
Je vous emmène en Amérique centrale ? Non ? Bon ! Ce sera pour une prochaine fois.


Les Réginaburgiens sont les habitants de Bourg-la-Reine, les Toutouvillais ceux de Villechien… Nous vous conseillons de lire : Habiter sous un coin de ciel bleu de France.


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lundi 18 avril 2016

« Gable », sans « u », comme Clark Gable

Une constante orthographique qui occasionne beaucoup de fautes (ainsi  que son exception) et deux astuces mnémotechniques : les mots se terminant par gable

navigable, distingable, constante orthographique mots finissant pas gable
Le très distingué Clark Gable nous aide à retenir
une constante orthographique.
Bon ! « C’est mort ! penserez-vous sûrement. Tout est dit dans le titre. Pas plus de suspense dans cet article que de meurtrier surprise dans un épisode de Columbo. » Est-ce à dire que vous connaissez déjà l’exception à cette règle ?
Tous les mots finissant par gable s’écrivent bien sans u (fatigable, irrigable, navigable, largable, relégable, homologable, conjugable, irréfragable, etc.), sauf…
Je vais vous le dire, mais avant, je voulais juste vous faire remarquer qu’en matière de moyens mnémotechniques, chacun peut adopter l’astuce qui lui plaît. Les amateurs d’Autant en emporte le vent et de Clark Gable pourront utiliser le nom de leur acteur fétiche pour retenir cette constante orthographique. D’autres chercheront et trouveront un exemple plus éclairant à leurs yeux.

L’important, c’est l’association d’idées, qui doit être forte, la plus adaptée à votre mémoire.
Et l'astuce suivante est, je trouve, très bonne…

« Et alors ! cette exception ! »

OK, voici venu le temps de la cracher, ma Valda. Tous les mots finissant par gable s’écrivent donc sans u, sauf (parce qu’il en fallait bien un pour se distinguer) : distinguable.
 

Redécouvrez d’autres constantes orthographiques : Tous les bleus des cieux ; Tous les bateaux qui vont sur l’eau sauf les senaus.

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jeudi 31 mars 2016

Nôoon !!! « Nous-mêmes » et « vous-même »… Quand même !

Accolé à un pronom personnel, l’adjectif même nous joue parfois de drôles de tours. Alors, avec un s ou sans ? Tout savoir en trois points (les deux premiers évidents, le troisième un peu moins).
Nous-même ou nous-mêmes, vous-même ou vous-mêmes
« Incredible !
Nous sommes nous-même ravie
qu'Un monde sans fautes rappelle at the
 French people l'existence du nous
 de majesté. »
« Toi-même ! » Cette réplique, bien connue dans les cours de récréation pour renvoyer la balle aux lanceurs de noms d’oiseaux, est des plus simples à écrire.
Lorsque même suit un pronom personnel, il est toujours (j’ai bien dit toujours) adjectif. Il s’accorde donc avec le pronom qu’il qualifie.
Il sera au singulier pour moi-même, toi-même, lui-même, elle-même ; au pluriel avec eux-mêmes et elles-mêmes.
N’oublions jamais le trait d’union !
Jusque-là, c’est simple, efficace, sans bavure.

Vous-même(s) ! (et il faut commencer à réfléchir)

Bien moins utilisé dans les cours de récréation, vous-même(s) est aussi un peu plus difficile à écrire.
Lorsque vous représente plusieurs personnes, vous-mêmes prendra évidemment un s : « Jeanne et Jean ! Avez-vous construit vous-mêmes cette cabane ? »
Cependant, si le vous utilisé est un vous de politesse, ne renvoyant qu’à une seule personne, vous-même s’écrira alors sans s : « Monsieur, vous l’avez dit vous-même hier. »
L’accord de nous-même répondra à une logique similaire… mais dans d’autres circonstances.

Nous-même(s) (là, c’est un peu plus gratiné)

Distraction ? Confusion avec vous-même(s) ? Des écrivains et journalistes, même aguerris, se laissent parfois piéger par l’accord de nous-même(s).
Il n’existe pourtant que trois petits points à retenir pour ne pas commettre d’erreur.
  • La plupart du temps, nous-mêmes s’écrit avec un s dans la mesure où le pronom nous représente quasiment toujours plusieurs personnes : « Jacques et moi avons nous-mêmes répondu à ce questionnaire. »
  • Il est néanmoins deux cas de figure où nous ne représente qu’une seule personne (en l’occurrence moi), et où nous-même demeure donc au singulier :
    . Avec le nous de majesté, peu courant : « Nous, Louis XIV, avons nous-même décidé d’accorder une grâce à… » ; « Nous, président de la République, avons nous-même pris la décision de… »
    . Avec le nous de modestie, souvent utilisé par les étudiants dans leurs thèses ou mémoires afin de ne pas répéter constamment je : « Ce document que nous [utilisé pour je] avons trouvé, nous a nous-même [utilisé pour moi-même] surpris. »
Soit dit en passant, il est étonnant ce nous de modestie, qui entraîne l’accord au pluriel du verbe et celui au singulier des adjectifs et participes passés qui le suivent ! Une étudiante qui l’emploie peut donc écrire sans fautes : « Nous sommes étonnée d’avoir nous-même écrit cela. »
Voilà ! Vous savez tout sur l’accord de l’adjectif même à la suite d’un pronom personnel. Maintenant, même peut aussi être adverbe et donc invariable… Vous reviendrez ?

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